mardi 10 décembre 2013

Pierre Molinier, dessins, eaux-fortes, illustrations...

Dessin pour Exemaly, 1968-69

Dessin pour La communion d'amour

Dessin pour la Comtesse Midralgar

Dessin pour La flèche amoureuse

Dessin pour Le réveil de l'amour

Dessin

Illustration pour Hôtel des étincelles,
Poème d'André Breton

Illustration pour Nous sommes le secret,
poème de Pierre Molinier

Illustration pour Tournesol,
poème d'André Breton

Illustration pour Tous les soirs quand je suis seule,
de Joyce Mansour

Le réveil de l'ange, 1964, eau-forte

Petit Bec-L'Oeuf d'Amour, 1972, eau-forte

Portrait de Joyce Mansour, dessin

Suzinella, 1972, eau-forte

lundi 2 décembre 2013

Tania Bruguera - El Peso de la Culpa II / Burden of the Guilt II


El Peso de la Culpa (le poids de la faute) est une réactualisation symbolique du suicide collectif qui fut commis selon la légende par les populations indiennes, après que les Espagnols, ayant conquis Cuba, les aient réduits en esclavage. Cette performance a été réalisée pour la première fois dans la maison de l'artiste à la Havane en mai 1997, et "rejouée" par la suite dans de nombreuses manifestations à l'étranger. Vêtue d'une carcasse de mouton, l'artiste mélange dans sa main de la terre, du sel et de l'eau, formant de petites boules qu'elle porte ensuite à la bouche. "Comer Tierra" (manger de la terre) est une expression idiomatique cubaine employée dans des situations désespérées pour lesquelles il n'existe aucune échappatoire. Réactualiser cette ancienne légende est aussi un moyen de parler du contexte social et politique à Cuba aujourd'hui, et plus généralement des rapports de pouvoir et de domination.

Etienne Sandrin




http://www.taniabruguera.com

jeudi 14 novembre 2013

LAURE (Colette Peignot) - Extrait de Poèmes et Textes postérieurs à l'été 1936



L'existence humaine est sans prix
sans plus ni moins de prix que tout ce qui existe
végétal, minéral, animal
tout ce qui brille, hurle, brame, gémi
barrissement d'éléphant
mugissement de vache.
L'âne brait, le serpent siffle.
Il n'y a pas de liens si puissants qu'ils n'arrachent
un être à la mort. La mort triomphe.
Le rire – L'insolence heureuse : « Faites passer
votre charrue sur les os des morts*. »

* Ce poème de William Blake se situe dans l'ensemble qu'il a intitulé
« Le mariage du Ciel et et de l'Enfer ». Le texte est littéralement « Drive your
cart your flow over the bones of the dead ».




*****



     Moi aussi je suis bien dressée... de telle heure à telle heure.
     Nous sommes tous des singes très savants.
     Rire – rire – rire.
     Le mot du jeu.
     Attention : vont-ils s'apercevoir que noir veut dire blanc, mais
non, non, jamais.
     C'est simple : impossibilité d'échanges vrais - plus jamais.
     Quel soulagement : je ne suis jamais là où les autres croient
me trouver et pouvoir me saisir.
     L'existence : alcaline et douceâtre.
     Assez – assez – assez.
     Vous devriez vous « méfier » un peu plus – faire sonner mes
mots comme on vérifie sa monnaie : la monnaie de votre pièce.
     La voix « normale », infantile, couvant l'ironie féroce. Mais
vous êtes si bien dressés que vous ne le sentez pas. Qui pourrait
supposer que l'on aille si loin dans la dissimulation qui ne dissimule
que soi-même et non des actes, des faits, des buts intéressés, calculés.

(juin ou juillet 1938)


(Extrait de Poèmes et Textes postérieurs à l'été 1936,
- "Ecrits de Laure"- ed. J.J.Pauvert 1985)

vendredi 1 novembre 2013

Valentine Penrose - Les magies - (2 poèmes)

Valentine Penrose, 1934. Photographie de Roland Penrose.
Archives photographiques Lee Miller



                                                               GILLES DE RAIS


Eau secoue la pluie des toits
Celle des châteaux du lierre
C'était vert l'eau bouillonnait.

Ce furent des draperies
Tige antique garnison
Cœurs cachés des Mélusines
Sous de feutrées floraisons.
Jamais étoile du berger
Ne montra du si féerique
Il n'était plus soir ni jour.

Au long battant à la longue aile
Terrifiant
Toi l'aîné le seul le lierre.

Il y eut un tel sourire
Quand ce fut le nid de feu
Parmi le cierge et la fleur
Un plat sourire de pierre
Une Lilith toute blanche
Grande géante là-haut
Au-dessus du nid de feu.

On ne pouvait arriver
A plus vieille sécurité
A plus sereine bienveillance
Dans les bras d'avant Adam
Au cercle des démons blancs

Disons disons
Le cœur marron
Noir de baies boules chatons
Résidus violets des baies
Fruit de fusain
Oui zinzolin
Et laurier-tin

Manche étain talisman plomb
Car il est une saison
Où l'on relève la garde

La belette saute comme une guerrière le château hurle
Y suivent des manches de couleurs sans noms
On revient
  • Peut-être encore un matin perlé une rose blanche -
Puis traînant ces ailes et ces manches somptueuses il faut tuer.


*****

TENERIFE II

                                                           EL VERDINO *
                                                          (Le chien vert)


De la hauteur de la chambre
Laide comme un fort dans cette ville de loisir et de plaisir
De ces mains vertes qui entrent d'arbres
Je dis
Que je voudrais un chien vert.

Madame qu'as-tu fais aux gens
Pour qu'ils t'aiment et ne t'aiment pas
Pour rire et pour pleurer tant eux et toi ,

Ayant vue sur de grands insensibles lauriers
Faits pour les avenues sans gloire et abriter
Allumée à mon propre feu comme une médaille
J'ai ramassé l'éclat de l'île et à mon poing
A mes blasons à mes côtés
Je vous le dis
Je voudrais un chien vert.

Car je suis tournée à l'est
A mon est est la goyave
Et quand le soir reviendra
Aura très peur la médaille.
Ce parc peu sûr est contre vous dans ses habits
Les araignées dessous y marchent en armées
Sous la fiancée inerte au banc de son soldat.
Des lilas pas gentils y dévorent la nuit
De fiefs verts exhalés qui vous feront souffrir
Aussi sur le banc noir des fiancées et soldats.


Il y a des cristaux inouïs transparents
Pour les noces des gens qui ne savent pas quoi
Et sont le perroquet et le chien de quinquet
Dans leur île étoilée en son trottoir sans garde.


Quelqu'un m'a dit passe à l'ombre
M'a dit passer dans le fiel
Et j'ai trouvé la colonne
Tournante à l'église morte.

Voilà pourquoi je veux cette chose tangible
Un chien vert de conquêtes chevronné de pistes
Où les sceaux sont frappés sur une peau de feuille
Et durement mené par l'île aux doigts de pierre.

« Je sais depuis longtemps
Ce qui me reste à faire
Et de tous mes verdinos
Et mes voix de cratère. »

Les femmes mages sont debout ont marché se sont assises
Avec leur petit chapeau leur mante sont allées prédire
Prédire à l'envers.
Les chiens ont mangé toutes les feuilles de Tacoronte
Puis ils ont hurlé
Dans les siècles
En amont de leurs mères
La chanson d'aujourd'hui.

Et râlons tordons crions
Sans savoir pourquoi
Petits sans massues :

« Un rat a descendu
Reprisant une chaussette
Un autre rat a monté
Rapiéçant un caleçon
La grande rue del Castillo. »


*Verdino : race très ancienne de dogues au pelage vert mousse tigré de brun,
indigènes de l'île Ténérife, sur les armes de laquelle ils figurent.



(Extrait de : Valentine Penrose « Les Magies », Les Mains Libres Éditeur 1972)




Joan Miro  - Frontispice pour
Les Magies  de Valentine Penrose.





vendredi 25 octobre 2013

Voyage en Haut-Languedoc

Plo de la Gance (Labastide Rouairoux - Tarn)








                                                                                     ******



L'abbaye de Saint-Pons-de-Thomières fut fondée au Xe siècle
par les comtes de Toulouse. Détruite, l'église fut réédifiée en forteresse au XIIe siècle. Le Soleil et la Lune y veillent de chaque côté de la porte des morts.











                                                                          *****

Près du lac de Vesoles (Hérault)

Lac de Vesoles (Hérault)

Lac de Vesoles (Hérault)

Menhir de Picarel (Hérault)

mardi 1 octobre 2013

Hans Bellmer par son graveur Cécile Reims

Hans Bellmer  - Sans titre, burin et pointe sèche
sur vélin d'Arches
d'après un dessin de 1957

Hans Bellmer - Analogies 1968, burin et pointe sèche
sur vélin d'Arches d'après un dessin de 1944

Hans Bellmer  - Analogies 1968, burin et pointe sèche
sur vélin d'Arches d'après un dessin de 1944

hans bellmer  - Sans titre 1968, encre rouge,
burin et pointe sèche sur vélin d'Arches

Hans Bellmer  - Sans titre 1971, burin et pointe sèche
sur vélin d'Arches.
Dessin autour de "Madame Edwarda"
de Georges Bataille, 1965

Hans Bellmer  - Gravure burin et pointe sèche sur vélin d'Arches

Hans Bellmer  - Gravure burin et pointe sèche sur vélin d'Arches

Hans Bellmer  - Gravure burin et pointe sèche sur vélin d'Arches